Quatre conséquences possibles et très probables de la crise du coronavirus (source : NATIXIS-Patrick ARTUS). 

1- Retour à des chaînes de valeur régionale:

La crise du coronavirus a mis en évidence la fragilité des chaînes de valeur mondiales : quand la production s’arrête dans un pays, toute la chaîne est arrêtée. Nous pensons donc qu’il y aura retour à des chaînes de valeur régionales, avec l’avantage d’une fragilité moindre, et d’une diversification des risques.

On voit déjà aujourd’hui des signes de cette déglobabilisation réelle : le fort recul des investissements directs vers la Chine et leur stagnation vers les autres émergents, le freinage du commerce mondial.

2- Fin de l’austérité budgétaire et de la concurrence fiscal:

La crise va faire apparaître la nécessité d’une hausse durable des dépenses de santé, du soutien des entreprises, d’indemnisation du chômage dans tous les pays.

Là où elle était préconisée (Europe), l’austérité budgétaire va donc disparaître, et si les dépenses publiques doivent être accrues, il ne sera plus possible de baisser de manière agressive les impôts.

3- Volonté des Etats de développer nationalement les industries stratégique:

La crise du coronavirus fait prendre conscience aux Etats qu’il faut produire nationalement un certain nombre de produits stratégiques : pharmacie (médicaments) bien sûr, mais aussi Nouvelles Technologies (électronique, télécom…), matériels pour les énergies renouvelables. Il faut donc s’attendre à des relocalisations de ces industries et au renouveau des politiques industrielles.

Une situation de dépendance comme celle qui existe pour les médicaments vis-à-vis de la Chine ou de l’Inde  ne va plus être acceptée.

4-Compréhension de ce qu’il faut que toute la population bénéficie d’une protection sociale convenable :

indemnisation décente du chômage, couverture maladie (avec le cas dramatique des Etats-Unis).

 

Synthèse : il s’agit bien de la fin du capitalisme néo-libéral

Le capitalisme néo-libéral avait fait le choix :

  • de la globalisation, d’où la hausse des importations depuis les pays émergents
  • de la concurrence fiscale et en conséquence de la réduction de la taille de l’Etat
  • des délocalisations, y compris d’industries stratégiques
  • de la réduction de la générosité de la protection sociale, avec le cas typique des Etats-Unis et du Royaume-Uni .

 

Nous l’avons vu, la crise du coronavirus va amener à remettre en cause tous ces choix du capitalisme néo-libéral : elle annonce bien la fin de cette forme de capitalisme